Description des 7 piliers de l'autoformation : les fondements des dispositifs individualisé de formation
Les dispositifs de formation individualisée : les sept piliers de l'autoformation
cours de maths

 

Initiation à l'ingénierie des dispositifs de formation individualisée

Les sept piliers de l'autoformation (élements fondamentaux de l'autodirection des apprentissages)

Favoriser l'autonomie, développer de l'autoformation (et non faire de l'autoformation), individualiser la formation et offrir un plus grand contrôle aux apprenants, nécessitent une contractualisation, une organisation, des relations et des évaluations différentes des formations traditionnelles. Mais comment bâtir de tel dispositif ? A quoi ressemble les fondations d'un tel dispositif ?

L'ingénierie des dispositifs d'autoformation comporte au minimum les sept piliers de l'autoformation décrit par Philippe Carré... Regardons de plus près chacun de ces piliers...

Les sept piliers de l'autoformation (Philippe Carré)


Individualisation des dispositifs de formation1 - Le projet individuel

Pas d’autoformation sans projet : il est nécessaire que l’apprenant ait une motivation pour apprendre et/ou changer. La théorie de l’autoformation développée par P. CARRE, basée sur la notion d’autodirection dans les apprentissages, pose la question fondamentale de la motivation humaine, c’est-à-dire la capacité à former des buts et plans d’action. L’articulation devra se faire pour que l’apprenant décide de son projet de formation, c’est-à-dire l’organise en tenant compte des contraintes institutionnelles, personnelles ou professionnelles. Cette démarche autodirigée modifiera les représentations de l’apprenant "quant aux contrôles de ses buts, plans et projets, et influencera sur sa motivation". La possibilité de négocier son projet individuel est un élément clef de l'investissement de l'apprenant dans sa formation.

 

Individualisation des dispositifs de formation2 - Le contrat pédagogique

Le contrat pédagogique formalise la démarche d’autoformation accompagnée, et implique l’ensemble des partenaires en distribuant les rôles et les pouvoirs. Ce contrat détaillant objectifs, moyens, méthodes et suivi doit être signé par les différentes partie afin que chacun s'engage et respecte ce qui a été prévu. éléments centraux de l’accompagnement de l’autoformation, il permet le dialogue, la négociation, la formalisation de l’action d’autoformation et la rend visible aux yeux de l’institution. Il se veut le plus opératoire possible. On y trouve en général au moins quatre niveaux d’informations :

  1. des buts d’apprentissage réalistes, en termes d’objectifs pédagogiques opératoires ;
  2. une liste de ressources pédagogiques utilisées, en termes de documents, d’encadrement humain, de modalités pratiques ;
  3. le descriptif des conditions d’atteinte des objectifs, en fonction du temps nécessaire et des critères de validations finales ;
  4. le descriptif des modalités d’évaluation.

 

Ce contrat, souvent tripartite (apprenant, formateur-accompagnateur, institution) représente la mise en acte du processus d’autoformation et de son accompagnement pédagogique dans le contexte de la formation professionnelle.

Individualisation des dispositifs de formation3 - Un mécanisme de préformation

On n’entre pas en autoformation du jour au lendemain… Il est nécessaire de créer un climat d’acclimatation, de transition pour que l'apprenant devienne co-responsable de sa formation. Il se concrétise généralement par la mise en place d'un module d'accueil qui vise essentiellement deux objectifs :

  1. une préparation méthodologique. Cette première étape, centrée sur les méthodes, concernera l’organisation générale, la planification du temps, les ressources à utiliser, les techniques documentaires et les méthodes de travail individuelles et collectives. Cette préparation méthodologique vise d'une part à donner des repères et d'autre part à augmenter le degré de contrôle pédagogique des apprenants sur leur formation.
  2. une préparation psychologique. Cette deuxième étape visera à développer chez l’apprenant une prise de conscience sur les portées et les limites de l’apprentissage autodirigé. C’est un travail réflexif sur sa façon d’apprendre, son style d’apprentissage. Il s'agit d'inviter l'apprenant à faire un travail sur soi, ses modes de fonctionnement, son système d'organisation, ses modalités d'apprentissage... Il existe pour cela de nombreux supports pédagogiques.


Individualisation des dispositifs de formation4 - Des formateurs facilitateurs

Dans ce type de dispositif, le formateur devient personne-ressource, facilitateur, médiateur, tuteur et sort du rôle « limité » aux contenus, pour agir sur les processus d’acquisition de compétences ainsi que sur l’accompagnement de l’individu dans son processus de transformation. Ce nouveau type de formateur à la fois guide, conseiller, consultant, facilitateur devra favoriser le travail des apprenants, c’est-à-dire ni le faire à leur place, ni décider pour eux, mais accompagner leurs décisions en les invitant à prendre du recul, à envisager d'autres possibilités : cette relation duale entre formateur et formé se réorganise sous forme de partenariat. Selon A. TOUGH, le formateur-facilitateur devra disposer de quatre caractéristiques :

  1. il sera chaleureux et affectueux,
  2. il aura une haute estime des compétences des apprenants dans l’autoplanification de leurs apprentissages,
  3. il instaurera un dialogue à égalité avec les apprenants,
  4. il sera ouvert aux changements et à de nouvelles expériences.

Individualisation des dispositifs de formation5 - Un environnement ouvert de formation

Un dispositif ouvert : outils, ressources, environnement… Le lieu de formation, n'est pas lié à un endroit précis, ni à des modalités pédagogiques confinés et déterminées à l'avance, il utilise tous les moyens mis à sa disposition dans l'environnement (entreprise, médiathèque, Internet, famille, relation...) : il doit faire feu de tout bois, Trois aspects organisationnels permettent de transformer un milieu neutre, voire hostile, à l’égard de l’apprentissage autonome, en un environnement ouvert :

  1. développement d’une organisation autoformatrice, définie par K. BARHAM comme une organisation où l’apprentissage n’est pas limité à des tronçons de formation, fragmentés ou systématiques, mais où la formation est devenue un processus continu, et où l’apprentissage sur le poste de travail est devenu un art de vivre... ou l'environnement tient lieu d'opportunité pour apprendre et expérimenter.
  2. développement d’un centre de ressources. Il s’agit ici de proposer un outil d’apprentissage global et un service d’accueil, de conseils, de guidance et parfois de remédiation. Il doit présenter un certain confort d’utilisation : localisation géographique proche et centrale, horaires souples et adaptés, ressources éducatives diverses et variées... ;
  3. développement d’apprentissages ouverts, c’est-à-dire l’utilisation des ressources contemporaines, tels les multimédias permettant la formation indépendante et à distance. Mais ce pourra être aussi des outils d’autoformation (écrits, audiovisuels), ou tout autre situation permettant des apprentissages autodirigés. L’objectif principal étant de créer un micro-milieu nourricier d’autoformation, formé de l’ensemble des ressources personnelles et professionnelles, collectives ou situationnelles, que le sujet apprendra à gérer graduellement au mieux de ses intérêts.

 

Individualisation des dispositifs de formation6 - L’alternance individuelle - collectif

Pour Philippe Carré, l’autoformation n’est pas synonyme d’isolement éducatif, et "il y a même plus de contacts interpersonnels dans l’apprentissage autodirigé que dans l’apprentissage formel". Dans cette perspective et afin d'améliorer l'efficacité de ses apprentissages et rompre l'isolement, il est nécessaire d'instaurer une alternance entre les apprentissages individuels et les apprentissages collectifs : il faut alterner des temps de réflexion, de production individuelle et des temps de confrontation, de réflexion collective.

 

Individualisation des dispositifs de formation7 - Un triple niveau de suivi

Un pilotage tripartite (apprenants, formateurs, organisateurs). Dans une perspective d’apprentissage autodirigé, et une logique de qualité, chaque individu doit être conseillé durant tout son parcours et doit bénéficier de points d’étapes, de contrôles en référence au groupe pour s’autoévaluer.

Pour dépasser l’illusion de l'apprentissage, agir pour une plus grande efficacité et améliorer le dispositif de formation, il faut mettre en place trois niveaux de suivi :

  1. le tutorat des individus, avec l’élaboration d’un contrat d’objectifs personnalisé, du suivi, de la remédiation, du conseil et l’évaluation,
  2. la régulation du groupe, qui appellera des modalités de suivi et d’accompagnement différentes de celles d’une pédagogie centrée sur le formateur ou le contenu,
  3. le pilotage de l’institution, dans la mesure où le développement de telles pratiques risque de poser la question de l’adhésion et de l’investissement des hommes dans des pratiques innovantes, voire contraires aux habitudes pédagogiques solidement ancrées dans les esprits. Constituer un groupe de pilotage regroupant les différents acteurs partenaires (apprenants, formateurs, organisateurs) semble être une nécessité pour le suivi et la pérennité du dispositif.

 

tv PEDAGOGIC COFFEEEntre autoformation... et individualisation : balayez en vidéo, au travers de témoignages d'apprenants, de chercheurs, de formateurs, les différentes réalités que recouvrent les notions d'autoformation, de personnalisation, ... et d'individualisation de la formation.

 

Sites à consulter

 

 

Bon travail à tous et à toutes...