Biais de cadrage !

Cadrons les choses ! On ne peut mieux dire pour enfermer les gens dans un cadre bien défini, tout en croyant être  ouvert, rationnel et objectif. 

En psychologie, le biais de cadrage est le fait de présenter un “cadre cognitif” comme étant adapté pour réfléchir sur un sujet. Cependant, la manière de présenter un projet, une conclusion, un problème ou un questionnement, n’est pas sans conséquence sur le raisonnement qui en découle. 

On définit tous des cadres en mettant en avant certains personnages, chiffres et événements plutôt que d’autres. Sans avoir pris le soin de faire le tour de la question, et sans forcément être mal intentionné, on démarre notre projet, on formalise des réunions, on établit des plans en fonction des premiers éléments glanés sur le sujet. Pensant bien faire les choses pour aller de l’avant, la vision et les représentations que l’on a au démarrage d’un projet vont pourtant conditionner les décisions et les actions qui vont suivre. Loin d’ouvrir des horizons, les cadres que l’on imagine au départ nous enferment et nous empêchent d’entrevoir toutes les solutions et les choix qui s’offrent à nous. Fonçant bille en tête, nous courons avec nos nouvelles œillères vers la ligne d’arrivée ! Pris par le temps, par manque de curiosité ou par fatigue, nous avançons en ne prenant en compte que ce qui nous arrange et  vient conforter notre vision de départ. Pensant être sur le bon chemin et que la route est dégagée, nous courons donc encore plus vite, sans voir le mur qui se profile à l’horizon et qui s’approche de nous à vitesse grand V !

Mais le biais de cadrage peut également être utilisé de manière  intentionnelle pour mener une négociation, proposer une solution, ou vendre un produit. Ici on installe le décors, on balise la route, on fixe les objectifs, pour mieux enfermer nos interlocuteurs dans la solution que l’on a imaginée pour eux. Ici tout comme au cinéma,  pourvu que le film soit bien réalisé et que le scénario tienne la route, nous nous laissons enfermés dans l’histoire que l’on a échafaudée pour nous,  alors que de multiples alternatives étaient envisageables au démarrage et que de nombreux chemins étaient praticables en cours de route.

Bref, le biais de cadrage désigne l’influence importante que peut avoir la formulation d’une question ou d’un problème sur la réponse qui y est apportée. Il montre à quel point l’être humain est influençable.

Ce phénomène a été démontré en 1981 par Daniel Kahneman, psychologue et économiste américano-israélien, prix Nobel d’économie en 2002.

Voyons cela d’un peu plus près… 

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